À la suite de la mise à jour du protocole national de prise en charge du paludisme en République démocratique du Congo, Pharmakina a réuni à Kinshasa plus de 500 professionnels de santé, experts et acteurs de la santé publique afin de présenter les évolutions du protocole, approfondir les connaissances cliniques et favoriser les échanges autour de la prise en charge du paludisme.
Le 17 septembre 2026, Pharmakina a organisé au Hilton Kinshasa la conférence scientifique « La lutte optimisée contre la malaria en RDC – PROTOCOLE 2026 – Les combinaisons thérapeutiques à base de quinine (QCT) ».
Organisée dans le contexte de la mise à jour du protocole national, la conférence avait pour objectif de permettre aux médecins et autres professionnels de santé de mieux comprendre les changements introduits et leurs implications dans la pratique clinique.
Le Dr Baudouin Matela Baangi, Directeur du Programme National de Lutte contre le Paludisme (PNLP), a présenté les principales évolutions du protocole actualisé, établissant ainsi le cadre des discussions scientifiques de la journée.
L’intérêt de la communauté médicale a dépassé les attentes. Environ 570 participants ont pris part à la conférence, remplissant la salle au-delà de la capacité initialement prévue. Les nombreuses questions et demandes d’informations complémentaires sur le nouveau protocole et les traitements ont également mis en évidence un besoin important de formation et de partage continu des connaissances.

Renforcer les capacités pharmaceutiques locales
En ouverture de la conférence, Roland Decorvet, Président du Conseil de Pharmakina, a replacé les discussions scientifiques dans une ambition plus large : renforcer la production pharmaceutique locale et contribuer à une plus grande autonomie sanitaire de la RDC et du continent africain.
« Nous avons ici un cas unique : une solution africaine à un problème africain, fabriquée en Afrique par des Africains. »
— Roland Decorvet, Président du Conseil de Pharmakina
Dans son intervention, Roland Decorvet a notamment évoqué les investissements de Pharmakina en RDC, avec l’extension de son site de production de Bukavu, le projet de développer à terme une capacité de production à Kinshasa, ainsi que le développement de nouveaux formats et de nouvelles combinaisons thérapeutiques.
Cette ambition s’inscrit dans plus de 80 ans d’expérience pharmaceutique en RDC et dans la volonté de transformer les ressources et le savoir-faire locaux en médicaments produits dans le pays.
Du nouveau protocole à la pratique clinique
Le programme scientifique a réuni plusieurs experts congolais afin d’aborder, sous différents angles, les évolutions de la prise en charge du paludisme et leur traduction dans la pratique quotidienne des professionnels de santé.
Le Prof. Dr Gauthier Mesia Kahunu, de l’Unité de Pharmacologie Clinique et Pharmacovigilance de l’Université de Kinshasa, a abordé les directives de prise en charge du paludisme en RDC ainsi que la problématique croissante de la résistance aux antipaludiques.
Son intervention a notamment porté sur l’efficacité thérapeutique, la surveillance des résistances, l’utilisation rationnelle des médicaments, l’accès à des traitements de qualité ainsi que la nécessité de poursuivre la recherche face à l’évolution des résistances.

Le Prof. Dr Hippolyte N. Situakibanza, spécialiste des maladies infectieuses et tropicales, s’est concentré sur la prise en charge du paludisme grave et la place de la quinine en RDC en 2026.
Sa présentation a souligné l’importance d’un diagnostic correct, de l’identification rapide des signes de gravité et d’une prise en charge hospitalière adaptée, tout en examinant les différentes options thérapeutiques prévues dans le cadre national actuel.

Le Prof. Dr Bodi Mabbiala Joseph, Chef du Service des Urgences Pédiatriques aux Cliniques Universitaires de Kinshasa, a présenté le parcours thérapeutique du paludisme, depuis les formes simples jusqu’aux échecs thérapeutiques et aux formes graves, notamment dans le contexte des combinaisons thérapeutiques à base de quinine.
Ensemble, ces interventions ont rappelé qu’une prise en charge efficace du paludisme ne repose pas uniquement sur la disponibilité des médicaments. Elle nécessite également un diagnostic précis, une bonne connaissance des protocoles, des choix thérapeutiques adaptés, le suivi de l’efficacité des traitements et une vigilance continue face aux résistances.

Un fort besoin de partage des connaissances médicales
Les échanges scientifiques, modérés par le Dr Aketi Loukia, ont suscité une forte participation des médecins et professionnels de santé présents.
L’importante mobilisation, les retours très positifs concernant les interventions scientifiques et les nombreuses demandes d’informations complémentaires ont fait ressortir l’un des principaux enseignements de la conférence : la mise à jour d’un protocole national n’est qu’une première étape. Il est tout aussi essentiel de permettre aux professionnels de santé de comprendre ces évolutions et de les traduire dans leur pratique clinique.
Ce besoin de partage continu des connaissances est particulièrement important en RDC, qui demeure l’un des pays les plus touchés par le paludisme dans le monde.
Selon le World Malaria Report 2025 de l’OMS, environ 282 millions de cas de paludisme et 610 000 décès ont été enregistrés dans le monde en 2024. La Région africaine de l’OMS concentrait environ 94 % des cas et 95 % des décès liés au paludisme dans le monde. La RDC représentait à elle seule 11,7 % des décès dus au paludisme dans la Région africaine.
Relier les connaissances scientifiques à la production pharmaceutique locale
Pour Pharmakina, les discussions menées à Kinshasa sont directement liées à son activité pharmaceutique en RDC.
Fondée à Bukavu en 1942, Pharmakina a développé plus de huit décennies d’expertise autour de la production pharmaceutique, en reliant l’approvisionnement et la transformation du quinquina à la fabrication locale de médicaments.
Parmi les traitements à base de quinine produits localement par Pharmakina figure la quinine injectable, qui occupe une place dans la prise en charge du paludisme grave dans le cadre thérapeutique national discuté lors de la conférence.
Les présentations scientifiques ont également abordé les combinaisons thérapeutiques et la nécessité de poursuivre l’étude de l’efficacité des traitements et de l’évolution des résistances.
Dans un pays qui supporte une part importante de la charge mondiale du paludisme, le renforcement de la production pharmaceutique locale peut contribuer à améliorer la résilience des chaînes d’approvisionnement, à réduire la dépendance aux importations et à préserver en RDC des compétences pharmaceutiques et industrielles essentielles.
Comme l’a souligné son Président du Conseil lors de la conférence, Pharmakina poursuit ses investissements dans ses capacités de production et dans le développement de solutions thérapeutiques adaptées aux besoins du pays.
Cette production s’appuie également sur une chaîne de valeur locale, qui commence notamment avec le quinquina cultivé dans la région du Kivu et les producteurs qui contribuent à son approvisionnement. Pharmakina accompagne cette chaîne afin de soutenir sa durabilité et de renforcer le lien entre ressources locales, savoir-faire industriel et production pharmaceutique.
Poursuivre le dialogue
La mobilisation observée à Kinshasa et l’engagement des médecins participants ont démontré un réel besoin de poursuivre les échanges scientifiques autour du Protocole 2026 et de l’évolution de la prise en charge du paludisme en RDC.
La conférence a permis de réunir les acteurs responsables de la stratégie nationale de lutte contre le paludisme, des experts travaillant sur les traitements et les résistances, les professionnels de santé qui appliquent le protocole au quotidien, ainsi que le secteur pharmaceutique engagé dans le renforcement de l’accès local aux traitements.
Pour Pharmakina, poursuivre ce dialogue s’inscrit dans un engagement de plus de 80 ans : associer connaissances scientifiques, expertise pharmaceutique et capacité de production locale pour contribuer à la lutte contre le paludisme en RDC.
Les professionnels de santé peuvent consulter et télécharger ci-dessous le protocole national actualisé de prise en charge du paludisme.
Télécharger le Protocole national 2026 de prise en charge du paludisme